lundi 31 janvier 2011

L’évolution des rémunérations de la Finance américaine comparées au reste de l’économie sur longue période

Ce graphique, tiré du rapport de la Financial Crisis Inquiry Commission (FCIC), met en regard, sur longue période, l’évolution des rémunérations moyennes (« Compensation »), aux Etats Unis, de la Finance, d’une part, et du reste de l’économie, d’autre part.
Ces évolutions avaient déjà fait l’objet d’une étude approfondie de la part d’un universitaire français, Professeur à la New York University, Thomas Philippon.
Celui-ci avait mis en évidence, dans sa thèse qui fait référence en la matière, que les financiers, au XIX ème siècle, bénéficiaient déjà de rémunérations nettement au-dessus de la moyenne. Après la crise de 1929, ces rémunérations étaient rentrées dans le rang. Elles ont recommencé à s’en détacher, comme on le voit sur le graphique, au cours des années 80, avec le boom de la banque d’investissement, avant d’exploser à la fin des années 90, et dans les années 2000, avec la montée en puissance des activités de marché (trading).
Thomas Philippon avait montré que la rémunération moyenne dans la finance américaine était, en 2006, de 40 % supérieure au reste de l’économie, compte tenu de la forte élévation des qualifications et des niveaux de diplômes dans la Finance depuis les années 80.
Il avait également mis en évidence que, sur longue période, la sur-rémunération de la Finance correspondait à des phases de dérégulation.

dimanche 30 janvier 2011

Une nouvelle mode dans le luxe : se coter à Hong Kong



Suivant l’exemple de l’Occitane, Prada, qui cherche à se coter depuis plusieurs années, a décidé de s’introduire en bourse de Hong Kong, pour profiter de l’engouement asiatique pour le luxe, et des niveaux de valorisation qui en résultent.
Ce phénomène qui n’est pas nouveau – se coter sur une place étrangère offrant une meilleure valorisation – est troublant à l’heure de la globalisation, car il résulte d’une imperfection patente du fonctionnement des marchés.
Mais c’est un fait des marchés d’actions que de se constater encore ces écarts, entre places, même en Europe. C’est ce qui a justifié, dans le passé, que nombre de firmes «tech» se cotent au Nasdaq qui offrait des multiples de valorisation plus élevés et une meilleure connaissance de ces secteurs.
La question qui se pose –et ce fut le problème au Nasdaq- est de savoir si s’introduire aussi loin de ses bases –mais près de ses marchés dira-t-on dans le luxe – est viable dans la durée, et en particulier en cas de ressac de la bourse : on se déleste généralement d’abord des valeurs étrangères. L’avenir dira.

samedi 29 janvier 2011

L'Etat de l'Union vu par The Economist : mal en point et fauché!

(double-cliquer pour agrandir)


Banques d’investissement : éthique et conflits d’intérêt

La crise du subprime a été aussi une crise de l’éthique et de la confiance dans les banques d’investissement.

Les banques d’investissement se doivent de restaurer leur réputation et ceci passe par l’affirmation –et le strict respect- de principes d’actions éthiques. C’est normalement une des tâches importantes post crise de leur top management qui doit s’y impliquer très fortement et montrer l’exemple.

C’est ce à quoi s’emploie Goldman Sachs dont la réputation a été ternie, notamment par l’affaire du CDO Abacus, assez symptomatique des conflits d’intérêts que peuvent rencontrer aujourd’hui les banques d’investissement.

Goldman Sachs avait montré l’exemple, il y’a 30 ans, en adoptant 14 «business principles», qui avaient été fortement réaffirmés en 1999, lors de son introduction en bourse. Ces business principles, qui étaient devenus le pont aux ânes de toute banque d’investissement, affirmaient le primat de l’intérêt du client («client first»), la vertu du travail d’équipe («teamwork»), l’impératif de transparence et d’intégrité.
Entretemps, le monde de la banque d’investissement a bien changé. C’est ce que souligne, de manière pertinente, une recherche américaine très récente, que l’on vient de nous signaler et que l’on trouvera en lien : SSRN-Computerization and the ABACUS: Reputation, Trust, and Fiduciary Duties in Investment Banking by Steven Davidoff, Alan Morrison, William Wilhelm .

Cette étude étudie les conflits d’intérêt que met en exergue une affaire comme Abacus et remet cette question dans une perspective historique. En effet, les banques d’investissement contemporaines n’ont plus grand-chose à voir avec celles qui existaient il y’a 30 ans.

Leurs activités étaient centrées sur les métiers de corporate finance et étaient "relationnelles" et tournées vers leurs clients, avec une forte fidélité réciproque. C’était des partnership et l’intérêt des partners, liés à vie à leur firme, reposait assez naturellement sur une approche et une vision de long terme.

Le monde a changé avec l’abandon du partnership et la cotation en bourse, les grands mercato qui en ont résulté, la montée du trading, qui est devenu absolument prépondérant, la globalisation et une culture qui est devenue plus "transactionnelle".

C’est ce que décrit bien l’étude en lien de Davidoff, Morrisson et Wihlelm.
Goldman Sachs, «la meilleure d’entre-elle», symbolise cette évolution, puisque, on le sait, les activités phares de corporate finance y sont devenues marginales, les traders ont pris le pouvoir après le départ de Hank Paulson, les activités de trading y représentant, comme dans le reste de l’industrie, 80% des revenus et encore plus des profits. A tel point que, ironiquement, on a souvent dit, que c’était devenu «un hedge fund déguisé en banque d’affaires».

C’est ce qui donne du prix à son initiative pour réaffirmer ses "business principles" sur « how the firm could reinforce its focus on clients and ethics ».

Après l’affaire Abacus, Goldman Sachs a constitué, en Mai 2010, un Comité interne destiné à redéfinir les « business practices » de la firme. Celui-ci vient d’achever ses travaux et vient d’émettre 39 recommandations, qui deviennent les nouvelles tables de la loi, adaptées au contexte actuel.

Les réflexions du Comité se sont focalisées sur 5 thèmes :
-la relation client
-la gestion des conflits d’intérêt
-la vente des produits structurés
-transparence et « disclosure »
-la gouvernance de ses sujets en interne
-la formation, développement personnel et la prise en compte de ces principes dans les évaluations individuelle des employés de la firme.

Pour mener ses travaux le Comité a utilisé un consultant indépendant qui a interrogé 200 de ses clients dans le monde.

Cette nouvelle approche va être mise en œuvre au plan mondial sous l’égide du top management de la firme. Les autres banques d’investissement seraient bien inspirées de suivre cet exemple. Tous ces principes vont normalement « sans dire », mais c’est beaucoup mieux en le disant dans ce qui sont aujourd’hui de grandes firmes, globalisées, et dont l’activité est devenue très codifiée. Formaliser ces principes a aussi le mérite de les rendre « opposables » aux employés et à la firme, et ne pas les respecter appelle, alors, naturellement, une sanction.

Au sein des banques d’investissement, les Département Compliance ont un rôle particulier à jouer pour promouvoir et contrôler l’éthique de la firme. Mais c’est avant tout l’affaire des managers et de leur «leadership» en la matière.

Une autre expression de la refondation des valeurs est le retour aux sources de la banque d’investissement que marque l’éclosion de «boutiques », formées par des investment bankers très confirmés, fonctionnant en Partnership, et désireux de promouvoir auprès de leur clients un rôle « d’advisor », pleinement disponible et libérés des conflits d’intérêt qui peuvent affecter les grandes banques d’investissement.

En lien:
-L'étude SSRN-Computerization and the ABACUS: Reputation, Trust, and Fiduciary Duties in Investment Banking by Steven Davidoff, Alan Morrison, William Wilhelm .
http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=1747647

-Le "Business standarts committee report" de Goldman Sachs:
http://www2.goldmansachs.com/our-firm/business-standards-committee/report.pdf


-Le rappel de l'affaire du CDO Abacus dans Wikipedia:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fabrice_Tourre

vendredi 28 janvier 2011

Perspectives de ROE des grandes banques internationales

(double-cliquer pour agrandir)
Ce tableau, paru dans le FT du jour, est intéressant. Il montre, sur la base d'une étude de Morgan Stanley, ce que serait le ROE d'un échantillon de grandes banques internationales sur la période 2010-2012. On peut noter que les deux champions français, Socgen et BNP Paribas seraient les mieux placés, ce qui fait ressortir les mérites de leur management probablement, mais aussi de leur business-model, plus diversifié.

mardi 25 janvier 2011

Bale 3 et le financement des entreprises : l'effet du ratio de liquidité


Bâle 3, on le sait, aura un effet de renchérissement du coût du crédit pour les entreprises, en particulier dans la logique de Bâle 2, sur les moins bien notées et les mid caps, en raison des exigence accrues en matière de ratio de capital pour les banques. En gros Bâle 3 revient à doubler le capital requis, par rapport à avant la crise.

Mais pour reprendre une métaphore ferroviaire, un ratio peut en cacher un autre.

En effet, un autre ratio qu'introduit Bâle 3, le ratio de liquidité, aura également un effet dans le même sens. Il risque même d'être meurtrier pour les lignes de crédit de "confort", dites "back up".

C'est l'avertissement que lance dans une interview des Echos, de ce jour, Jean-François Sammarcelli, DG délégué de la Socgen et le patron de sa banque de détail en France.

Même si les ratios de liquidité à court et à moyen terme ne sont pas encore complètement définis et n'entreront en vigueur que, respectivement en 2015 et 2018, ils vont commencer à influencer le pricing des banques.

Or dans l'état actuel des projets, le régulateur balois envisagent un traitement extrêmement punitif pour ces lignes de back up, qui seraient considérées comme utilisées en totalité dès le premier jour. Les régulateurs n'aiment pas trop ces lignes de back up car elles font planer une forte incertitude sur le bilan des banques en cas de crise de liquidité si elles étaient massivement tirées. Ce fut une menace durant la crise du subprime qui ne s'est toutefois pas matérialisée.

"Les entreprises devront prendre en compte que, pour avoir une ligne de 'back up', elles devront en accepter le prix, qui sera celui que nous facture le marché", précise Jean-François Sammarcelli.

Ceci aura des conséquences très importante sur le mode de financement des entreprises et constitue une incitation supplémentaire, en particulier pour les mid caps, à diversifier leurs financements par un recours accru à des financements de marché (obligations corporates, océanes). Nous renvoyons à nos posts précedents sur ce thème de Bâle3 et du financement des entreprises


En lien, une dépêche Reuter sur l'interview de Jean-François Sammarcelli:
http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLDE70O0HN20110125

Ce que « prop trading » veut dire ou la recherche d'un mode d'emploi pour la "Volcker rule"

La « Volcker rule » adoptée en juillet dernier dans la nouvelle régulation financière américaine (« Dodd-Frank Act ») bannit, avec quelques exceptions, le proprietary trading, le trading pour compte propre, dans les banques américaines et, pour les banques étrangères, sur le marché américain.

La mise en œuvre d’une telle mesure, qui sera étalée dans le temps, supposait au préalable de définir plus précisément ce qu’est le propietary trading au sein de l’ensemble des activités de marché (trading) des banques.

En effet, en dehors de quelques domaines patents, ce que l’on a appelé le « bright line trading », il existe une zone grise, importante, d’activités de marché, comme le market making, qui sans être directement des activités pour les clients, sont plus ou moins nécessaire pour les servir.

C’est justement l’objet d’un rapport que vient de publier le "Financial Stability Oversight Council" que de faire avancer cette définition du proprietary trading pour être en mesure de préciser un modus operandi de la « Volcker rule ».

Le Financial Stability Oversight Council (FSOC) est le nouvel organisme qui réunit les différents régulateurs aux Etats Unis pour discuter des sujets de risque systémique. On pourra jeter un coup œil à son site (voir le lien ci-dessous et dans la blog roll) et à l’autre rapport qui vient d’être publié sur le « too big to fail ».

Les domaines clairement impactés par la Volcker rule (bright line) ont été externalisés rapidement dans certaines banques d’investissement, soit pour être établis à l’extérieur en tant que hedge funds, soit, dans certains cas, pour être transférés en interne à l’asset management.

Le débat sur ce qui relève de la "zone grise" va continuer et a un enjeu considérable.

A l’occasion de la publication de ce rapport, Paul Volcker, l’inspirateur de la réforme, a fait valoir qu’il regrettait « certains trous » de la réglementation, et notamment que ce ne soit pas bannie également l’activité de "merchant banking", c'est-à-dire les prises de participations pour compte propre des banques dans les entreprises, comme la participation prise par Goldman Sachs dans Facebook.

Le rapport propose que ce soit le Département Compliance des banques d’investissement qui définisse le périmètre des activités de proprietary trading avec, à l'appui une validation formelle du CEO de la banque, ce qui ne plait guère aux intéressés.

Les observateurs ont été surpris par l’attitude assez «raide» des régulateurs sue ce sujet alors que le Departement du Trésor, qui n’a jamais été emballé par la Volcker rule, est plus conciliant et sensible à la fois aux difficultés de mise en oeuvre et à la distorsion de concurrence qui en résulte avec les banques étrangères qui ne sont pas soumises à une telle règle, hors du territoire des Etats Unis.

-Le site du FSOC:
http://www.treasury.gov/initiatives/Pages/FSOC-index.aspx

-Le rapport sur la "Volcker rule":
http://www.treasury.gov/initiatives/Documents/Volcker%20sec%20%20619%20study%20final%201%2018%2011%20rg.pdf

lundi 24 janvier 2011

L’examen certifié AMF

On le sait, à l’instar de ce qui se fait à New York ou à Londres, l’AMF a instauré un examen de certification que doivent passer les employés de la Finance en contact avec des clients et traitant plus ou moins directement d’instruments financiers. Ceci concerne l’essentiel des employés de la BFI mais aussi certaines fonctions dans les réseaux bancaires ou l’asset management-gestion privée.

L’examen doit être passé par tous les employés qui ont été recrutés, à compter du 1er Juillet 2010, pour les fonctions concernées, par les établissements de crédit et entreprises d’investissement (PSI). L’examen s’impose pour les nouveaux entrants mais aussi pour les personnes qui ont changé de société depuis lors, ainsi que celles qui changent de fonction au sein de leur PSI pour occuper une fonction visée par la réglementation.

L’examen consiste à passer un QCM de 100 questions qui portent sur un programme large, supposé constituer le bagage réglementaire et technique minimal requis.

Les personnes en poste avant le 1er juillet 2010 sont dispensées de cette certification, sous réserve d’une attestation de leur employeur («grandfathering»), mais devraient se soumettre à l’examen s’ils changeaient d’établissement.

Cet examen certifié AMF devra être passé par des centaines de personnes chaque année, dont les étudiants en Finance (ce qui est le cas de nos étudiants du Master BIM), car il constitue désormais un passeport obligé pour pouvoir travailler dans la Finance.

L’examen constitue naturellement une aubaine pour les organismes de formation (CFPB, First Finance, Bärchen...), qui se sont dotés d’un programme de préparation à cette certification et d'une plate-forme d'e-learning ainsi que pour les maisons d’édition qui éditent un manuel pour les candidats.

Des différents manuels, deux nous paraissent devoir être distingués, le manuel du CFPP, qui n’est pas commercialisé, parce qu’il est réservé aux candidats qui utilisent cet organisme de formation, et le manuel publié aux éditions Pearson (« réussir l’examen certifié AMF ») par l’équipe des formateur de Bärchen, qui nous est apparu comme absolument remarquable et le meilleur (cf l’illustration ci-dessus). Par contre les manuels publiés respectivement chez Eyrolle et Dunod nous ont semblé (nettement) plus faible.

dimanche 23 janvier 2011

Du nouveau en matière de seuil des OPA et "d'action de concert"

La loi de régulation bancaire et financière, adoptée en Octobre 2010, comporte des modifications importantes apportées à la réglementation boursière qui vont entrer en application dans les prochains jours.

Jean-François Biard, Senior Banker chez BNP Paribas et surtout orfèvre de longue date de la réglementation boursière, les détaille et les commente dans un article, que l'on trouvera en lien, qui a été publié à la fois par le blog dfcg, le blog de l'association des Directeurs Financiers et Ccontrôleurs de Gestion, et par la lettre Vernimen, à laquelle chacun peut s'abonner gratuitement (voir sur le site dans la blogroll).

Les principaux changements sont relatifs au seuil des OPA obligatoires (ramené de 1/3 du capital à 30%), et à la définition de l'action de concert ainsi que du périmètre retenu pour la déclaration des seuils.

En lien l'analyse et le commentaire de ces nouvelles dispositions:

http://www.dfcg.com/BlogDefault.aspx?tabid=105&BlogId=1&PostId=76664


La saison des bonus

C’est un débat désormais récurrent, qui resurgit comme un «marronnier» à l’approche du "B Day", la période d’annonce des bonus.

C’est un sujet médiatique mais, qui est aussi névralgique pour les banques d’investissement, dans la mesure où les rémunérations constituent l’essentiel de leurs coûts et le nerf de la guerre.

Nous avions défini une « loi des 2/3 », qui régit l’économie de la banque d’investissement : les bonus représentent les 2/3 du total des rémunérations (« total compensation »), qui elles-mêmes représentent les 2/3 des coûts des banques d’investissement, qui à leur tour représentent les 2/3 des revenus (« cost to income ratio »).

En Europe, les bonus vont être aussi, pour la première fois, régis par les nouvelles règles adoptées par l’Union Europe, qui vont s’appliquer dans les 27 pays membres. La réglementation européenne prévoit ainsi que 40 à 60% des bonus doivent être versés de manière différée, sur une période de 3 à 5 ans, avec un mécanisme de reprise éventuelle («claw back»), en cas de contre-performance ultérieure. La moitié au moins de ces bonus doit être payé en actions ou en instruments assimilés. L’objectif est de mieux « aligner » la rémunération sur les intérêts et une gestion des risques de l’entreprise à moyen terme. La directive européenne prévoit également, comme le souligne l’excellent article de Eric Benhamou dans la Tribune du 19 Janvier (« Les bonus ont encore de beaux jours devant eux »), que les régulateurs ont aussi leur mot à dire sur la structure des rémunérations, si celle-ci leur apparait contraire à une bonne gestion des risques.

La France avait, on le sait, très largement anticipé cette directive en définissant et mettant en œuvre un code des «rémunérations des "opérateurs de marché", qui s’est appliqué aux bonus de 2009 versés au printemps 2010. Justement Michel Camdessus, qui s’était vu assigné une mission de contrôle, en la matière, vient de publier son rapport sur le «contrôle des rémunérations des professionnels de marché», que l’on trouvera en lien.
On pourra le lire avec profit à plusieurs titres :
-il décrit la mécanique complexe, et opaque vis-à-vis de l’extérieur, de la détermination et attribution des enveloppes de bonus
-il fait le bilan de la mise en œuvre du code de conduite sur les rémunérations et formule des suggestions pour la suite.

Le rapport Camdessus s’interroge aussi sur les raisons qui font que les rémunérations de marché sont aussi élevées. A cela, à n’en pas douter, deux raisons, en particulier. Tout d’abord les surprofits de la Finance puisque, en tout état de cause, l’ensemble des rémunérations de la banque d’investissement doivent être contenues dans une enveloppe et un ratio, le «compensation ratio », qui tourne autour de 40% des revenus. Ensuite, la concurrence et le rapport de force dont jouissent les traders vis-à-vis de leurs employeurs. C’est ce qui avait amené Michel Pébereau, en guise de boutade, à définir désormais la banque d’investissement comme «l’exploitation du capital par le travail».

Cette concurrence amène à rappeler, dans une industrie aussi globale, la nécessité de règles qui soient similaires dans les différents centres financiers dans le monde, ce qui n’est pas encore franchement le cas, l’union Européenne étant nettement plus « dirigiste » que les Etats Unis, sans parler de l’Asie.

-Le rapport Camdessus:
http://asset.rue89.com/files/2010-183.Rapport_Camdessus.pdf

-un de nos posts anciens, "bonus, pourquoi tant de haine?", sur l'économie des bonus:
http://investmentbankerparis.blogspot.com/2009/11/bonuspourquoi-tant-de-haine.html

dimanche 16 janvier 2011

Taux de chomage : une hiérarchie mondiale

(double-cliquer pour agrandir)

Tiré de thinkbig - bespoke

Qui finance la dette américaine?

Ce graphique est reproduit par Big Picture. Il montre que la Chine "ne détient que 7.5 %" de la dette américaine, ce qui n'est quand même pas mal!

source:
http://www.ritholtz.com/blog/2011/01/is-china-really-funding-the-us-debt/

samedi 15 janvier 2011

Le boom des IPO internet aux Etats Unis



Le pipe des IPO internet aux Etats Unis est bien fourni : Facebook, Groupon, Demand media, Lindkln, Zynga...Et les valorisations sont impressionnantes.
La dernière en date est celle de Groupon qui serait évalué à 15 Mds $ selon Dealbook en lien:
Le Journal du Net explique ce qu'est le business model de Groupon:

Ces évaluations qui grimpent si vite suscitent un débat: assiste t'on à une nouvelle bulle internet? Non dit John Battelle (en lien) qui explique que "ce n'est pas le même film" car les sociétés en question ont des revenus et même des profits alors qu'internet s'est définitivement installé dans la vie quotidienne:
http://battellemedia.com/archives/2011/01/no_in_fact_we_havent_seen_this_movie_before
Dans son blog AVC, Fred Wilson, un VC opine:

Prenant un peu de recul, The Research Puzzle s'interroge sur la manière de garder la tête froide quand il s'agit d'évaluer Facebook, Groupon et Apple:

Le dernier mot sur l'évaluation peut être donné aux réflexions du Professeur Aswath Damodaran à propos de Facebook que nous avons déjà mentionné dans un post précédent:

vendredi 14 janvier 2011

La nouvelle présentation des comptes de Goldman Sachs

Compte tenu de la nouvelle réglementation américaine (voir le commentaire dans l'article de The Economist en lien), Goldman Sachs procède à une nouvelle présentation de ses comptes qui consiste pour l'essentiel à ventiler l'ancienne catégorie "trading & principal investments" en deux nouvelles catégories "investing & lending" d'une part et "institutional client services" d'autre part.


Ceci ne modifie pas le fait que "l'investment banking", ce que nous préférons appeler le corporate finance (M&A, ECM, DCM), ne représente que 12.6% de l'ensemble des revenus et, vraisemblablement, sensiblement moins des profits. Le M&A, pour sa part, constitue 44% de ces revenus de corporate finance, c'est à dire environ 5.5 % du total des revenus.

C'est l'illustration de ce qu'est aujourd'hui le mix-produit des grandes banques d'investissement;


En lien l'article de The Economist:
http://www.economist.com/node/17912999

De nouveau sur la sur-performance boursière des midcaps


Cette semaine, le FT soulignait, comme nous l'avons deja fait, la surperformance boursière, au cours des années 2000,desmid-caps:


"Elroy Dimson and Paul Marsh of the London Business School point out that in the UK mid-cap shares have been the best investment of the past 11 years, rising 159 per cent, including dividends. They beat the RBS Hoare Govett smaller companies index, compiled by the pair, which itself beat house prices (which more than doubled). Given that UK inflation has amounted to 36 per cent from January 2000, anyone invested in the FTSE 100 – up 3 per cent including dividends – would be right to be disappointed."
"Wall Street followed the same pattern. The Russell 200 index of the largest US companies is down by a quarter. The Russell 2000, measuring the smallest companies, is up 58 per cent since January 2000. The real stars were again mid-caps, up 75 per cent."


La question qui se pose aujourd'hui est de savoir si "ces performances passées préjugent des performances à venir".

Troisième Leçon Inaugurale du Master "banque d'investissement et de marché"


Après Daniel Bouton, la première année, puis Baudouin Prot, c'est Jean-Paul Chifflet, le nouveau Directeur Général du Groupe Crédit Agricole, qui sera le parrain de la troisième promotion du Master2 Banque d'investissement et de Marché (BIM) de Dauphine.


A ce titre Jean-Paul Chiflet fera une Leçon Inaugurale, ce lundi 17 Janvier à 18 heure, en salle Raymond Aron. Celle-ci aura pour thème :

« Ethique et professionnalisme dans la Banque d’Investissement et de Marché »

dimanche 9 janvier 2011

Illiquidité et évaluation

Aswath Damodaran (en photo) est un Professeur de Finance renommé de la Stern School of Business à la NYU de New York. Il s’est imposé, depuis assez longtemps maintenant, comme la référence “incontournable” en matière d’évaluation par son enseignement et ses ouvrages.

Il publie très régulièrement, ce blog s’en fait régulièrement l’écho, et notamment tout dernièrement sur la prise en compte de «l’illiquidité des marchés dans les évaluations d’actifs». On trouvera en lien un article écrit à ce sujet sur son blog que l’on pourra découvrir à cette occasion (il figure dans notre blogroll). Le lecteur intéressé pourra se référer utilement aux articles précédents du blog sur le même sujet ou accéder à l’étude complète. Il pourra aller aussi sur le site internet du Professeur Damodaran qui mérite le détour, s’il ne le connaît déjà.

Voir en lien:

samedi 8 janvier 2011

La nouvelle Gouvernance de la banque d’investissement chez Morgan Stanley



Morgan Stanley vient d’annoncer la nouvelle Gouvernance de sa Division Banque d’Investissement («Institutional Securities»), dirigée par deux co-Heads. C’est une formule efficace, tant il est difficile à une seule personne d’assumer l’entièreté de cette fonction aujourd’hui, dès lors que les rôles et positionnements sont bien définis et que les co-Heads s’entendent bien.

L’un des deux, Colm Kelleher, l’ancien CFO de Morgan Stanley, va se baser à Londres d’où il dirigera les régions Europe, Moyen Orient et Asie hors Japon de même qu’il supervisera les activités globales de trading et ventes.

Son alter égo, Paul Taubner, est, quant à lui, basé à New York et supervise les Amériques et le Japon, qu’il connait bien, l’Investment Banking (Le Corporate Finance) et les activités de capital markets.

Ceci traduit, à la fois, la répartition des rôles entre Banking et Trading ainsi qu’un accent mis, dans l’organisation matricielle, sur la géographie, et tout particulièrement, c’est la grande tendance du moment, sur les pays émergents.

jeudi 6 janvier 2011

A propos de l"évaluation de Facebook à 50 Mds$


La prise de participation de Goldman Sachs dans Facebook extériorisant une valorisation de 50 Mds $ a suscité nombre de commentaires. On lira avec beaucoup d'intérêt l'analyse qu'en fait sur son blog le Professeur de la Stern University de NY, Aswath Damodaran, l'auteur "incontournable" sur les sujets d'évaluation.

A déguster, en lien:

http://aswathdamodaran.blogspot.com/2011/01/facebook-valuation.html

C'est une bonne occasion aussi de découvrir, à coté de son site internet "académique", le blog très vivant de A Damodaran.

Les cycles du marché américain des actions (1900-2010)

(double-cliquer pour agrandir)

Graphique très parlant, tiré d'une recherche UBS, et repris par Big Picture (en lien):
http://www.ritholtz.com/blog/2011/01/spx-index-secular-markets-1900-2010/

L'évolution de la pondération des différents secteurs dans l'indice S&P 500

(double-cliquer pour agrandir)
On remarquera, dans cette série 1990-2010, que le secteur de la Technologie est redevenu le plus important devançant celui des Financières victime de la crise.
Voir les commentaires de Thinkbig en lien:

mercredi 5 janvier 2011

Les capitalisations boursières par pays

(Cliquer pour agrandir)
Ce tableau de Thinkbig donne la hiérarchie des capitalisations boursières par pays. Comme on peut le constater la France est en 7ème position et des pays "émergents" comme la Chine ou l'Inde pèsent plus que l'Allemagne .

Voir en lien:
http://www.bespokeinvest.com/thinkbig/2011/1/5/country-market-caps.html

mardi 4 janvier 2011

L'effet Janvier : un effet small caps?


Le premier jour boursier de l'année s'est soldé par une hausse importante des différents indices qui semble accréditer la conjonction d'un double effet, "Janvier" et "Lundi".

Justement une analyse de Marketwatch, en lien, revient sur "l'effet Janvier" et l'attribue, en fait, à un effet "small cap" dont la hausse serait concentrée sur le mois de janvier.

voir en lien:

samedi 1 janvier 2011

Bonne année 2011!

Illustration du New Yorker

Thèmes d'investissement pour 2011

(double-cliquer pour agrandir le graphique)

On trouvera en lien le slideshow des stratégistes de SocGen, repris par Business Insider, qui présente les principaux thèmes d'investissement pour 2011 marqués, selon eux, par une moindre attractivité des marchés émergents et la crainte d'une résurgence de l'inflation.
Le graphique ci-dessus met en exergue un classement des diverses catégories d'actifs en fonction de leur plus ou moins grande attractivité n termes de rendements (yied) en tenant compte de leur degré de risque.

Voir en lien le slideshow:
http://www.businessinsider.com/socgen-here-are-the-key-investing-trends-to-watch-for-in-2011-2010-12#

Le VIX index finit l'année 2010 là où il l'avait commencé

Voir en lien:

Les marchés en 2010 en un graphique


(double-cliquer pour agrandir le graphique)
Voir en lien: