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lundi 11 janvier 2010

Le lundi,c'est Fusions-Acquisitions





Le lundi est en général le jour de l'annonce des opérations de M&A qui ont été finalisées pendant le week-end alors que les marchés sont fermés.

Ce lundi n'a pas failli puisque vient d'être annoncé une nouvelle opération importante de consolidation dans l'industrie mondiale de la bière avec l'acquisition d'une importante entreprise mexicaine par Heinecken.

On trouvera en lien l'analyse de l'opération par le Times et Deal Book.

En lien:
-l'article du Times
http://business.timesonline.co.uk/tol/business/industry_sectors/leisure/article6983378.ece?token=null&offset=12&page=2
-l'article de Deal Book:

mercredi 30 décembre 2009

Le reverse break up fee et la partie II de Deal Professor







Nous revenons sur notre dernier post et le "reverse break up fee" .

A l'origine le "break up fee" était le dedit payé par la cible quand elle voulait se délier d'un accord avec un acquéreur , généralement pour convoler avec un autre acquéreur "mieux disant".Son montant était de l'ordre de 2 à 3 % de la valeur de la cible. Cette pénalité se voulait (légèrement) dissuasive et servait à payer les frais de l'acquéreur éconduit.
Le "reverse break up fee"est, quant à lui, payé par l'acquéreur s'il veut se dégager,faute de pouvoir mobiliser les financements pour son acquisition des lors qu'il s'est réservé cette faculté ("subject to"),ce qui est nécessaire par les temps qui courent .Le taux de pénalité a été substantiellement relevé pour le rendre vraiment dissuasif : 6 à 7 % de la valeur de la cible. Autres temps, autre "break up fee clause"!

Nous mettons en lien justement la partie II de la revue des deals stratégiques de l'année par Deal Professor que vient depublier Dealbook:

mardi 15 décembre 2009

M&A : le retour "du gros" avec l'acquisition de XTO Energy par Exxon



On trouvera en lien diverses analyses sur cette importante acquisition d'EXXON, payée en papier, aux Etats Unis, et qui est d'autant plus remarquable qu'EXXON n'a pas la réputation d'être un serial acquéreur:

-Le post du blog Peridot Capitalist Stock:
-L'article de Deal Book:
-La présentation de la transaction par EXXON:

jeudi 12 novembre 2009

M&A:allegro ma non troppo!













Ces jours ci ,l’actualité manifeste une recrudescence du M&A ,à partir d’un niveau ,il est vrai, tombé très bas. C’est l’annonce d’une participation accrue de Warren Buffet dans la Société de chemin de fer Burlington Northern Santa Fé, la plus grosse transaction que son holding Berkshire Hataway n’ait jamais faite(26 Mds usd), c’est la fusion de Black&Decker et Stanley Works (3.5 Mds usd),la bataille autour de T&D cédé par Areva ou les acquisitions opérées par AXA, à travers le rachat de minoritaires, en Asie et en Europe Orientale. On a même vu le retour des OPA hostiles ,Kraft sur Cadbury, que l’on ne voit ,normalement, que plus tard dans le cycle économique.

Il ne s’agit que d’une reprise ,et l’on mettra un certain temps à retrouver les sommets d’hier, le cycle du M&A étant fondamentalement corrélé au cycle économique ,qu’il suit en l’amplifiant (voir notre post passé en lien et le graphique ci-dessus émanant d'une étude Thompson-JP Morgan).

Mais il est néanmoins possible que le redémarrage soit plus marqué que dans les cycles précédents , et cela pour les raisons suivantes :

-paradoxalement les perspectives de croissance économiques faibles pour les années à venir (« le new normal »), qui ralentissent la croissance interne des entreprises , vont les pousser à chercher un substitut dans la croissance externe sur des marchés matures (ex Kraft-Cadbury) ou dans les poches de croissance économique plus rapide que sont les pays émergents (AXA)
-les marchés de financement (marchés d’actions et d’obligations) se sont remis à fonctionner, à des conditions intéressantes, tout du moins pour les grandes entreprises, même si le marché de la dette bancaire est encore un peu en deçà
-la crise donne aux forts, qui émergent de celle-ci avec un bilan solide, une « fenêtre » pour saisir des opportunités qui ne se représenteront plus ensuite
-les marchés d’actions sont suffisamment fermes pour permettre des transactions en actions (Black&Decker -Stanley Works) ou des refinancements immédiats en actions par émission sur le marché (AXA) tout en autorisant une valorisation des cibles raisonnables (par ex l’offre de Kraft valorise Cadbury à 11.6 l’EBITDA alors que le multiple moyen EV/EBITDA des acquisitions dans le secteur ,ces dernières années , tournait plutôt autour de 15.5)
-la faiblesse relative du dollar, et surtout de la Livre, sont des facteurs incitatifs à des opérations cross-border sur des cibles de la zone dollar ou britannique (Cadbury)
-Certains secteurs vont être très actifs, comme le secteur financier (Banques, Assurances, Asset Management, Banques Privées) parce que beaucoup d’actifs sont à vendre sous la pression des régulateurs (UK, Bancassureurs…) ou à des fins de recentrage, avant que ,probablement, de grandes manœuvres ne reprennent .

Tout ceci tranche avec le climat des deux dernières années mais ne fait pas encore le printemps. Tous les échos qui reviennent, par exemple ,du marché M&A « middle market » montrent que l’encéphalogramme y est toujours plat. De même les firmes de LBO qui avaient été un moteur de marché M&A (20 % dans les années 2005-2007) ne sont pas revenues , et ne sont pas prêtes de le faire, alors que les « industriels » n’ont pas encore franchement pris le relai.

Ces éléments plaident toutefois pour une reprise des opérations M&A très sélective, ciblée, défensives ou faisant un très grand sens stratégique, et de ce fait acceptables par les marchés financiers.

Ceci justifie probablement l’optimisme du CFO de Morgan Stanley, Colm Kelleher, qui déclarait tout récemment : « The elements are in place for a resurgent M&A market in 2010 ».
En Lien:
-notre post passé:

-un analyse des deals us (Buffet-Black&Decker) dans Deal Book:

dimanche 18 octobre 2009

Le M&A est il de retour?




On a vu des signes de reprise.Et même des OPA hostiles (Kraft sur Cadbury).Mais le mouvement de reprise sera progressif et mettra plusieurs années à retrouver des sommets (c'est le sens de la prévision du graphique ci-dessus).En effet,comme l'illustre le graphique ,le M&A est très cyclique.

Il dépend du cycle économique.C'est la raison pour laquelle il culmine en fin de cycle (1989,1999-2000,2005-2007),généralement juste avant l'éclatement de "la bulle" (dot com,leverage..) et la récession!Il est étroitement corrélé aussi,comme le montre le document en lien,avec l'évolution des marchés d'actions.La composante "cross-border" est significative -de l'ordre de 30%- et elle est plus volatile,accusant ainsi la cyclicité.

Mais un facteur de "subjectivité" n'est pas négligeable:le sentiment de confiance ("confidence driven").Et ,de fait ,"l'air du temps" peut avoir une influence déterminante.

Ainsi, en 1998,le "petit" Olivetti s'empare par la force,et avec beaucoup d'endettement,du "gros" Telecom Italia à la stupéfaction générale.Cette hardiesse a certainement joué dans la décision,au début 1999,de la BNP de lancer une OPA hostile sur ,à la fois, la Société Générale et Paribas,soit deux fois plus gros qu'elle à l'époque.Du coup,au même moment,Total lançait subrepticement un raid,au petit matin,sur Elf Aquitaine.Quelques semaines plus tard,les petites banques écossaises franchissaient le mur d'Hadrien pour partir à l'assaut de la Natwest anglaise,ce qui allait donner RBS.Enfin,encore plus inouï,à la fin de cette même année 1999,Vodafone se lancait à l'abordage et s'emparait de Manessman,en plein coeur du Capitalisme Rhénan.Sans l'une,il n'y aurait pas eu l'autre.

De même quand Mittal,en janvier 2006,lance son OPA sur Arcelor,c'est l'étincelle qui change l'air du temps,et tout le monde ,tout d'un coup,se met à penser "grand et audacieux" dès lors que ,comme pour Arcelor-Mittal,le soubassement industriel est très fort .

Le document en lien émane de Thompson-JP Morgan.Il date de juin dernier .Il analyse "la mécanique des fluides" du M&A,ses grandes tendances de fond sur la période 1990-2009.C'est une analyse de référence sur le sujet.

On ajoutera que pour les banques d'investissement le M&A représente un enjeu considérable.Pas simplement en terme d'image ou de revenus des Départements M&A.Ceux ci représentent 10% en moyenne des revenus des grandes banques d'investissement (c'est plus marginal pour les bfi des banques françaises).Mais surtout il a un effet lubrifiant et d'entraînement sur tout le reste:marchés de financement (d'actions et diverse catégories de dette) et marchés de dérivés (hedging de taux,change...).

Acces au document Thompson-JP Morgan:The era of globalized M&A: