samedi 16 janvier 2010

Antoine Paille,la crise,les mathématiques et la Finance





Un des lecteurs du blog nous signale cet interview déjà ancienne d'Antoine Paille dans le Figaro.
Le nom d'Antoine Paille ne vous est probablement pas familier.Il a pourtant joué un rôle très important dans la finance française car il a été un pionnier des activités de dérivés à Paris et le "père" du Département options et des dérivés actions de la Société générale qui s'est imposée comme le leader mondial en la matière.
On lira avec intérêt ses réflexions sur la crise des produits structurés de crédit,les mathématiques, la Finance et "l'Ecole Française".




"Antoine Paille, fondateur de la division option de la Société générale fondateur de Commerz Financial Products et PDG de Pattern Recognition Global Trading

-Que pensez-vous de l'investissement des mathématiques dans la finance ? Comment l'interprétez-vous ?
La finance a connu une révolution conceptuelle dans les années 1970 avec la prise en compte de l'aléa et sa formalisation, les modèles de portefeuilles optimaux et l'évaluation des options. La modélisation mathématique est entrée au cœur de toutes les salles de marché ouvrant la voie aux ‘quant' (quantitative people), personnes à forte culture mathématique.
Si l'on définit la finance comme l'art de rapprocher l'épargne et l'investissement, cette évolution a permis la gestion du risque et le calcul des rendements attachés aux différents profils de risque.
La France a bien réussi cette évolution, créant une école de mathématiques financières brillante qui a trouvé sa place dans les process de gestion du risque et d'élaboration des produits financiers.
On a assisté parallèlement depuis les années 1990 à un mouvement de mondialisation accéléré des différents segments de la finance et à la compétition entre différents standards. La France a imposé son standard sur les dérivés actions et même s'il n'est pas parfait, ce standard résiste bien dans le choc actuel.
En revanche, sur le marché du crédit, la construction a été totalement américaine, et les Européens, dont les Français, se sont contentés de la copier. C'est cette construction qui s'est effondrée, provoquant la crise financière que l'on connaît...."

"Deleveraging":la route est encore longue et douloureuse

L’excès d’endettement a été un des facteurs principaux de la crise financière.

Dans une étude importante qui vient de paraitre (voir en lien), le Mac Kinsey Global Institute livre une analyse approfondie de cette montée de la dette, de sa localisation et des implications économiques du « deleveraging », le désendettement, qui a à peine commencé, sauf pour les Institutions Financières pour lesquelles le mouvement est bien avancé.

Le constat de la situation présente est, en effet, que l’endettement reste encore excessif dans certains secteurs et pays, ce qui en fait un problème qui reste « global » et pas seulement américain.

The Economist fait une synthèse de cette étude dans un article que l’on trouvera en lien et dont est extrait le tableau ci dessous.

Ce tableau montre les poches d’endettement qui demeurent à réduire (en sus de l’endettement des Etats) fortement (points rouge vif) ou plus modérément(points roses) avec les pays les plus touchés, parmi les grands pays :Espagne, UK, US, Corée du Sud, Canada.

-L'article de The Economist:
http://www.economist.com/businessfinance/economicsfocus/displayStory.cfm?story_id=15269334
-L'étude de Mac Kinsey Global Institute:

Comment faire avancer le débat sur le rerégulation avec des régulateurs en sursis?



En effet les régulateurs des deux plus grands centres financiers du Monde sont en effet des condamnés en sursis.
C’est clair au UK où le régulateur bancaire, qui est le FSA (un concentré d’AMF + Commission Bancaire), céderait ce rôle à la Banque d’Angleterre si les tories gagnent -ce qui est vraisemblable- les prochaines élections.
Aux Etats Unis, où la régulation bancaire était morcelée entre plusieurs autorités, dont le FED, la SEC et le FDIC (l’institution qui assure les dépots bancaires et vient à la rescousse des banques défaillantes), le FED a de plus en plus de mal, au Congrès, à s’imposer comme le leader en la matière, comme c’est pourtant la proposition de l’Administration Obama et de son Secrétaire au Trésor, Tim Geithner, dans le projet de réforme de la régulation financière.

En effet le FED est devenu très impopulaire aux Etats Unis et on lui reproche d’avoir failli dans la régulation des banques qui étaient sous sa coupe, à peu près autant que la SEC pour ce qui des banques d’investissement (« les broker-dealer »).

En toute confraternité, Sheila Bair, la présidente du FDIC, réputée à la fois pour son fort caractère et son sens politique, alimente le procès fait au Fed et règle ses comptes quand, témoignant devant la Commission d’Enquête du Congrès sur la crise,elle déclare que « la crise aurait pu être évité si le Fed n’avait pas attendu 7 ans avant de commencer à essayer de réguler le subprime ».

La rerégulation de système n’est plus un problème technique : on sait ce qu’il faut faire .Cela été discuté en G20, dans le cadre de Financial Stability Board et au Comité de Bale ainsi que dans les autres instances concernés.

Le problème est politique :il faut que cela avance concrètement aux Etats Unis et au UK, ce qui suppose d’avoir à tout le moins des régulateurs clairement en charge. Ceci permettrait aussi certainement une meilleure coordination des initiatives qui doivent être globales pour être efficace, s’agissant d’une industrie aussi globale que la Finance. Ce qui n’a été le cas ni de la taxe sur les bonus, ni du projet de taxe Obama sur les banques.

S’il y avait une volonté politique, la coordination ne serait pas très compliquée, car il suffirait que Washington et Londres se mettent d’accord.

Le paradoxe : alors que la crise vient des Etats Unis, c’est dans ce pays que les choses ont le moins avancé . Parce que tout projet de réforme doit passer à la broyeuse du Congrès, particulièrement sensible au lobbying des banques, pourvoyeuses de soutien dans le financement des campagnes électorales.

vendredi 15 janvier 2010

Quels sont les 10 plus gros hedge fund basés en Europe?








Largest hedge fund managers based in Europe (as of Jun 2009
Assets ($bn)
Brevan Howard 21.9
Man AHL 19.0
BlueCrest 12.4
Lansdowne Partners 11.9
Winton 11.8
GLG Partners 9.0
Transtrend 8.1
TCI 8.0
Sloane Robinson 7.2
Brummer 5.6
Source : FT

Taxe Obama sur les Banques : les européennes mises à contribution

La taxe annoncée par B Obama qui serait de 0.15 % des actifs au bilan touche aussi les banques européennes présentes aux Etats Unis à due concurrence des actifs détenus localement.

Une étude de EVO securities citée par FT Alphaville (en lien) montre que le coût annuel supporté par les grandes banques européennes ne serait pas négligeable (voir tableau ci desssous).Ceci serait une incitation à réduire la voilure -en tous cas la taille de bilan - outre-atlantique.

Encore faut il que la taxe soit effectivement instauré car il y a un long chemin , semé d'embûches et de lobbying, entre l'effet d'annonce présidentiel et son adoption par le Congrès.

Le post de FT Alphaville:
http://ftalphaville.ft.com/blog/2010/01/15/127041/from-obama-to-europe-with-love/
L'article de Times on line sur la contribution des banques anglaises:

jeudi 14 janvier 2010

Le "fear index" à son plus bas depuis la fin 2008



L'indice de volatilité de marché des options CBOE de Chicago, le VIX index,representatif de la volatilité du S&P 500, est considéré comme "l'indice de la peur" et constitue une mesure de l'appétence pour le risque. Après un sommet atteint post Lehman à la fin 2008, il a considérablement baissé et retrouve, en dépit d'un contexte qui demeure difficile, son niveau de Mai 2008, pas si loin du niveau d'avant d'avant la crise.Le "greed" reprend le dessus sur le "fear".


Voir les commentaires sur les deux posts en lien.

Post de FT Alphaville:


Post de daily option:



-La présentation du vix index dans wikipedia:
http://en.wikipedia.org/wiki/VIX

Bill Gross : meilleur US fund manager de la décade selon Morningstar














Nous nous referons régulièrement à Bill Gross qui dirige le plus gros Asset Manager américain, PIMCO, qui vient d'être distingué par Morningstar, qui fait autorité en matière de suivi de performance de l'Asset Management. C'est en effet le fund manager qui a obtenu la meilleure performance sur la décade (voir post en lien de marketwatch), ce qui est d'autant plus remarquable, compte tenu de la masse colossale des fonds gérés.Ce qui montre que la performance peut aussi aller avec la taille, souvent considérée comme un handicap. On est moins manoeuvrant.

Cela donne d'autant plus de poids aux analyses de PIMCO (voir leur site dans la blogroll) et aux vues de Bill Gross sur le "new normal" (voir posts précédents).

-Post de marketwatch:

-Post précédent ("Le Monde selon Bill Gross"):

Un resserrement impressionnant des spreads depuis un an


Ce graphique met en perspective et illustre le retour de l'appétit de risque en 2009, illustré tout particulièrement par le resserrement des spreads des high yield et sur pays émergents.

mercredi 13 janvier 2010

Le compte rendu de l'audition des CEO des principales banques américaine devant la Commission d'enquête sur la crise au Congrès






Les CEO de Goldman Sachs, JP Morgan, Morgan Stanley et BofA viennent d'être auditionnés par la Commission d'enquête bi-partisane de la Chambre des Représentants sur la crise financière.
On trouvera un compte rendu de leur propos dans l'article du NYT en lien.
La commission d'enquête composée de 10 membres doit remettre son rapport au Président Obama à la fin de l'année.

En lien l'article du NYT et le lien avec Dealbook:
Rajoutons aussi deux autres posts:
-New Deal 2.0 précise le programme d'audition de la Commission:
-The Deal explique pourquoi le CEO de Citi n'a pas été auditionné avec ses collègues :

Les 10 thèmes de David Rosenberg pour 2010

Nous avons souvent évoqué dans ce blog les vues "bearish" de David Rosenberg, ancien chief economist de Merrill Lynch.On trouvera ses vues -pas très réjouissantes- pour 2010, très largement reprises sur les blogs américains ,dans le diaporama en lien confectionné par Business Insider.


En lien le diaporama:


lundi 11 janvier 2010

Le lundi,c'est Fusions-Acquisitions





Le lundi est en général le jour de l'annonce des opérations de M&A qui ont été finalisées pendant le week-end alors que les marchés sont fermés.

Ce lundi n'a pas failli puisque vient d'être annoncé une nouvelle opération importante de consolidation dans l'industrie mondiale de la bière avec l'acquisition d'une importante entreprise mexicaine par Heinecken.

On trouvera en lien l'analyse de l'opération par le Times et Deal Book.

En lien:
-l'article du Times
http://business.timesonline.co.uk/tol/business/industry_sectors/leisure/article6983378.ece?token=null&offset=12&page=2
-l'article de Deal Book:

Le prix de l'or, "la relique barbare", difficile à apprécier


L'or, il est difficile d'en apprécier la valeur intrinsèque.C'est le thème du post en lien et du dessin qui l'accompagne.

En lien le post de Reformed Broker:

dimanche 10 janvier 2010

FSB’s Draghi Warns Markets Against Excess Optimism, Risk Taking







Le naturel revient vite au galop avec de nouveau une forte concurrence entre les banques et le risque de prises de risque excessives.C'est le thème d'une réunion du Comité de Bale ce week end avec la participation des dirigeants des grandes banques internationales et du Fond de Stabilité Financière dirigé par Mario Draghi.

En lien la dépêche Bloomberg:

Hedge Funds : 2009, la meilleure performance de la décade mais pas mieux que le marché








A l'heure des bilans , les performances des hedge funds ont été de 25 % en moyenne en 2009 - la meilleure performance de la décade - mais pas mieux que le SP 500 et beaucoup moins bien que le Nasdaq.Les meilleures performances : l'arbitrage de convertibles, le distressed et les pays émergents.
Bien mais pas encore totalement convaincant.

En lien l'analyse de Finalternatives:

C'est ce mercredi 13 janvier que Baudouin Prot , le parrain du Master 2 "BIM" fera sa Conférence à Dauphine


Le FSA, le régulateur britannique, vient d'instaurer une nouvelle contrainte sur les bonus de la City






C'est le Times qui le révèle . Le FSA, pour "verrouiller" le système, va imposer comme règle que pour tout banquier ayant une"compensation" (c'est à dire fixe + bonus ) excédant 1 M£ , 60 % en sera différé sur 3 ans. C'est une manière d'instaurer la même règle pour tous à ce niveau et d'éviter un contournement des dispositions relatives aux bonus en augmentant le fixe.


Gageons que ceci va être très discuté. Voir en lien l'article du Times:


L'évolution de l'emploi et du chomage aux Etats Unis : quelques graphiques éclairants

Avec 10 % le taux de chomage américain renoue avec les hauts du tout début des années 80.




L'emploi total a baissé très fortement en 2008-2009 comme le montre le graphique ci dessus.
Le graphique ci dessous indique l'évolution de l'emploi total aux US par décade.La croissance est zéro au final dans les années 2000, "la décade perdue".


Le graphique qui lui succède montre que c'est justement les pertes d'emploi de 2008-2009 qui font cette décade perdue.

Le tableau suivant rapporte l'emploi total à la population et montre que le taux d'emploi de la population américaine est tombé au plus bas à la faveur de la crise.


Ces graphiques édifiants, qui montrent la difficulté de la conjoncture américaine, sont tirés pour l'essentiel des trois posts en lien.

En lien les posts de:

-Big Picture:

http://www.ritholtz.com/blog/2010/01/employment-charts/

-Business Insider:

http://www.businessinsider.com/david-rosenberg-forget-the-unemployment-rate-the-real-nightmare-is-the-employment-rate-2010-1

-Crossing Wall Street:
http://www.crossingwallstreet.com/archives/2010/01/december_unempl.html

samedi 9 janvier 2010

La redécouverte de l'importance du dividende

On redécouvre , sur tous les marchés d'actions, l'importance du dividence. D'autant que des actions très solides servent aujourdhui des rendements plus élevés que les instruments obligataires et un tel rendement sert d'amortisseur à la baisse en cas de chute des cours.

En fait le dividende, historiquement, explique une partie substantielle, sinon dominante, de la performance des marchés actions comme le montre très bien le graphique ci-dessous produit par les équipes de recherche actions de la Société Générale:





On trouvera en lien un article du NYT qui souligne aussi ce regain du dividende aux Etats Unis:


L'effet de la dette publique sur la croissance économique









C'est un sujet d'actualité sur lesquels les économistes américains Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff viennent d'apporter une intéressante contribution.
Les duo est un spécialiste des crises financière qu'ils ont étudié sur très longue période (8 siècles!).Ils viennent d'ailleurs de publier un livre sur le sujet au titre évocateur : "this time is different!" (ce qui est évidemment généralement faux).
Dans leur étude - growth in a time of debt- (on trouvera en lien leur papier et un résumé dans un article du WSJ) ils mettent en exergue qu'un ratio de dette publique représentant plus de 90 % du PIB devient un sérieux frein à la croissance économique.
En lien:
-l'article du WSJ:

-le papier de C Reinhart et K Rogoff:

M&A France league table : BNP Paribas sacré leader par la revue Fusions-acquisitions

La Tribune (voir article en lien) publie son classement 2009 des conseils pour les opérations de M&A en France .

Celui ci sacre BNP Paribas et les équipes de Thierry Varène devant JP Morgan, à L’inverse du classement publié il y a quelques jours par les Echos, sur la base des données Thomson-Reuters (voir notre post passé en lien), qui accordait le primat à la banque américaine .

Ce qui montre la relativité de ce genre de classement , encore que les deux classements s’accordent sur le mano a mano entre ces deux banques et sont largement convergents pour le reste.

En lien l'article de la Tribune indiquant le classement de la revue Fusions-Acquisitions:
http://www.latribune.fr/entreprises/banques-finance/banque/20091229trib000456849/fusions-acquisitions-bnp-paribas-meilleure-banque-conseil-en-2009-.html



Notre post passé - "M&A , le temps des league tables":
http://investmentbankerparis.blogspot.com/2010/01/m-le-temps-des-league-tables.html

vendredi 8 janvier 2010

Les performances des différents marchés d'actions et la superformance des pays émergents


La surperformance des marchés des pays émergents est bien mis en évidence par ce graphique de The Economist (voir en lien):
En lien le commentaire de The Economist:

jeudi 7 janvier 2010

L'évolution des prix de l'immobilier résidentiel américain sur longue période

(cliquer pour agrandir)

Ce graphique -tiré du concours organisé par Business Insider - illustre éloquemment la bulle immobilière qui a conduit à la crise financière américaine.

En lien le post de Business Insider:

Le PER du marché américain des actions sur longue période

Intéressant graphique qui donne le PER du marché américain des actions par décade depuis les années 30:

En lien le post de Bespoke Investment:

Byron Wien - Bill Gross : deux visions opposées pour 2010. 12 "Dr Doom".






Bill Gross, qui dirige PIMCO, le plus grand Asset Manager mondial, estime, qu'après un premier semestre soutenue par les politiques de soutien et le restockage, l'économie américaine va s'affaiblir et faire prendre conscience que le monde est véritablement entré dans ce qu'il appelle le "new normal ", c'est à dire une croissance durablement divisée par deux et par voie de conséquence par des returns sur les différentes classes d'actifs également divisés par deux par rapport au passé. C'est le résultat du "DDR" : Deleveraging , Deglobalisation, Reregulation (voir son analyse très interessante en lien).


A l'opposé le célèbre statégiste Byron Wien (voir en lien) qui, depuis 25 ans, livre, en chaque début d'année, ses "10 surprises à venir " développe une vision assez bullish. Sa surprise n°9 est son pronostic sur ce qui ressortira du débat sur la régulation financière . Citons:
"When it finally passes, financial service legislation, like the health care bill, proves to be softer on the industry than originally feared. There is greater consumer protection, more transparency, tighter restriction of leverage and increased scrutiny of derivatives, but the regulatory changes for investment bankers and hedge funds are not onerous. Trading volume and merger activity increases; financial service stocks become exceptional performers in the U.S. market".


Douze fameux "Dr Doom" cités par Market Watch (voir en lien) penchent, comme leur appellation l'indique, du coté bearish.


En lien :

-l'analyse de Bill Gross:



-Les prévisions de Byron Wien:



-les vues de Dr Doom:


mardi 5 janvier 2010

M&A league tables : les lawyers aussi





Bloomberg, dans la dépêche en lien, vient d'établir le classement des Cabinets Juridiques les plus impliqués dans les opérations de M&A .Il s'agit d'un classement mondial ("global"). Cette année le winner est...le cabinet américain Skadden Arps. Il devance Clifford Chance et Freshfields.


En lien, la dépêche Bloomberg:

La silicon valley , pas très productive en IPO en 2009


C'est ce que relevait recemment le WSJ . Comme l'atteste son tableau ci dessus, la Silicon Valley (San Francisco) n'a produit qu'une IPO Venture en 2009, le reste venant d'autres régions des Etats Unis, ce qui atteste d'ailleurs de la vitalité du Venture Capital aux Etats Unis.

M&A : le temps des league tables

L’année à peine écoulée, la publication des league tables de M&A est attendue par la petite communauté des banques d’affaires avec la même frénésie que la sortie du nouveau guide Parker dans le bordelais !

Mergermarket vient de publier ses league tables pour l’année 2009 globalement, par grandes régions du monde et pour les principaux pays. On trouvera le document en lien.

Les Echos, dans leur édition d’hier, ont publié et commenté une league table pour la France basée sur des données Thomson-Reuters (voir article en lien).

Précautions d’usage

Les league tables sont souvent, on le sait, l’art du mensonge ou en tous cas du trompe l’œil. On les interprétera donc avec précautions.

En effet on gardera en tête que :

-les hiérarchies doivent s’apprécier sur plusieurs années et non pas sur un instantané d’une seule année, à fortiori quand il s’agit d’un « petit cru »

-les league tables de M&A, à la différence de celles relatives aux marchés de capitaux, additionnent des choux et des carottes. Les résultats peuvent ainsi être variables suivant les sources(mergermarket, Thomson-Reuters, Dealogic…) et le périmètre d’opérations retenu.

-les league tables ne préjugent ni des fees gagnées, ni du role effectif dans la transaction (par exemple quand il y a 10 banques conseil !)

-l’activité des banques d’affaires ne se réduit généralement pas au M&A, sauf pour les spécialistes en Conseil-Advisory. Pour les autres le boom des activités d’émissions d’actions et d’obligations (ECM-DCM) a largement compensé la baisse de l’activité M&A en 2009 (voir notre post précédent).

Le M&A dans le Monde

Mergermarket indique que l’activité M&A a baissé globalement de 27 % en volume et en valeur dans le Monde en 2009.Elle a baissé plus fortement en Europe qu’en Amériques alors qu’elle est demeurée stable en Asie-Pacifique.

Morgan Stanley a devancé Goldman Sachs pour la première place d’une courte tête (pour la première fois dans les années 2000) et a terminé n°1 en Europe et en Asie-Pacifique alors que Goldman Sachs demeurait le premier en Amériques et par le montant des fees selon dealogic.

Les premiers rangs du classement global sont occupés par les « usuels suspects ». On notera toutefois la montée en puissance en 2009 de deux « boutiques » qui ont conseillé de très grosses transactions : Evercore (Pfizer-Wyeth et Berkshire-Burlington Northern Santa Fé) et Greenhill (Roche-Genentech).Remarquons aussi que grace à son acquisition de Lehman, Barcap s'est propulsé au 8eme rang et que Blackstone, qui entend se diversifier dans le Conseil ( KKR est tenté aussi par cette voie ) se retrouve 15eme.


M&A en Europe

En 2009 les opérations de M&A ont régressé de 55 % en valeur et de 36 % en volume. Les Banques Conseil les plus actives apparaissent dans le tableau ci-dessous de mergermarket. On soulignera, au passage, la performance de Rothschild qui termine premier par le nombre des opérations.

M&A en France

La league table publiée par Les Echos (voir article en lien et tableau ci-dessous) consacre la montée en puissance -incontestable- de JPMorgan classé n°1. Par contre le classement établi par mergermarket (voir en lien) diffère quelque peu puisqu’il donne les deux premières places à BNP Paribas et SG respectivement.




En lien le document de mergermarket:

http://www.mergermarket.com/pdf/Press-Release-for-Financial-Advisers-Year-End-2009.pdf



En lien également l'article des Echos:
http://www.lesechos.fr/info/finance/020293199907-jp-morgan-prend-la-tete-du-classement-des-banques-d-affaires-en-2009.htm

dimanche 3 janvier 2010

Le " fee pool " du Corporate Finance

Dans sa présentation investisseurs du mois de Décembre la Deutsche Bank (voir post passé en lien) a fourni des données intéressantes (cf tableau 1) pour estimer le « fee pool » du « Corporate Finance » ainsi que celui des activités de marché («Global Markets»).

Les données ont été fournies par Mc Kinsey pour «Global markets» et résulte des évaluations de la Deutsche Bank pour le Corporate Finance.

Le Corporate Finance correspond à l’Investment Banking "traditionnel" : M&A,ECM,DCM,LBO.

Pour 2009 ce pool de revenus était estimé à 31 Mds EUR globalement, c'est-à-dire au niveau mondial.

«Global Markets»,de son coté, englobe l’ensemble des activités de marché d’actions et de FICC (Fixed Income,Credit,Currency,commodity). Le pool de revenus est estimé à 148 Mds EUR globalement pour 2009.
Le Corporate Finance représentait ainsi 17 % des revenus (31/148+31) des banques d’investissement (hors activités de financements de banque commerciale et structurés).

Ce poids relatif, devenu faible avec l’explosion passée des activités de marché, ne doit pas conduire à sous-estimer l’importance du Corporate Finance dans les banques d’investissement. C’est une activité stratégique dans la relation avec les clients, importante en terme d’image et de crédibilité. Elle sert aussi à vendre une partie des produits fabriqués dans les divisions « Global market ». C’est le « cross-selling ».

Dans ses prévisions à horizon 2012,plutôt volontaristes, la Deutsche Bank table sur une progression de 8 % par an environ des activités de marché et de 13 % pour les revenus de Corporate Finance (à partir d’un point historiquement bas pour ces derniers, il est vrai).

Dans ce « fee pool » de Corporate Finance, l’Europe représente environ 40 % et au sein de l’Europe la France pèse environ 11 à 12 %.Ceci conduit à estimer le « fee pool » français à environ 1.2 Mds EUR, ce qui est plausible.





Dans la décomposition de « fee pool » de Corporate Finance en 2009 (voir tableau 2),l’ECM, particulièrement actif, s’est taillé la part du Lion, alors que le M&A était à l’étiage.

En tendance, le « fee pool », selon les estimations de la Deutsche Bank, se repartit en 3 tiers : 1/3 pour le M&A, 1/3 pour ECM, 1/3 pour le bloc DCM-LBO, les tiers étant plus ou moins gros suivant la conjoncture. Dans le tableau de la Deutsche Bank l’ECM fait plus que jeu égal avec le M&A alors que d’autres sources donnent un poids prépondérant au M&A qui représenterait, à lui seul, en tendance, 10 % des revenus des banques d’investissement. Mais nous sommes dans la nuance.







Ces proportions appliquées à la France donne un fee pool de 300 à 500 M EUR à la fois pour le M&A et l’ECM, avec une allure sans doute encore plus cyclique pour cette dernière.

Dans sa prévision la Deutsche Bank table sur une remontée modérée de M&A ainsi que ses revenus tirés des marchés de dette alors que l’ECM maintiendrait un haut niveau d’activité. Au total, on retrouverait en 2012 les niveaux records atteints déjà en 2000 et 2007. Le tableau illustre aussi la nature très cyclique de cette activité puisque d’une année sur l’autre on passe d’un « fee pool » de 54 Mds EUR en 2007 à 31-33 en 2008-2009. De vrais montagnes russes !

Pour l’année 2010 qui s’ouvre, on peux escompter, en tous cas, une remontée des revenus de Corporate Finance à partir des points bas 2008-2009 avec des mouvements contrastés (voir notre post précédent en lien) :

-une remontée modérée des revenus de M&A, par rapport à un niveau historiquement bas

-une relative stabilité des revenus d’ECM à un niveau élevé (avec une légère régression des augmentations de capital, une stabilité des émissions de convertibles et une montée des IPO du fait notamment des firmes de Private Equity)

-une relative stabilité également, à un niveau élevé, des revenus de DCM (tassement du high grade corporate, progression des émissions Institutions Financières et du high yield)

En lien notre post récent:"la crise marque un nouveau développement de la Finance de marché":
http://investmentbankerparis.blogspot.com/2009/12/la-crise-marque-un-nouveau.html

En lien également la présentation investisseurs de la Deutsche Bank:http://investmentbankerparis.blogspot.com/2009/12/deutsche-bank-presente-son-nouveau-plan.html

samedi 2 janvier 2010

la globalisation en tendance

Un bon graphique statistique vaut mieux qu'un long discours . Celui ci illustre la marche du monde vers la globalisation économique au cours des deux dernières décades . Il s'agit du ratio Exports par rapport au GDP.

On voit la montée régulière au cours des années 80 et l'accélération dans les années 2000, suivie de l' amorce d'un recul avec la crise . Recul momentané ou plus durable comme le pense Bill Gross de PIMCO avec son "new normal" caractérisé par le DDR ( déglobalisation,deleveraging,rerégulation)?

Ce graphique est tiré du blog Business Insider et du concours qu'il a organisé du meilleur graphique statistique (voir en lien).
Lien:http://www.businessinsider.com/best-economic-chart-of-the-decade-2009-12

Savoir gérer les gens et leur prêter attention












C’est importants dans tous les métiers, et tout particulièrement dans l’investment banking. Aussi ces notations et recommandations tirées de la lecture d’un article du FT sur le "career management" (28-12-09) nous paraissent très utiles et à prendre en compte au moment des bonnes résolutions de début d’année.

« Invest in people’s careers, talk them about how they can advance »

“Develop a culture of praise around you. Make it an habit to praise people for a good work – most bosses don’t. Become someone everyone wants to do a good job for”.

Ce n’est pas inné, ni non plus forcément dans la culture française qui est très « retenue ». C’est donc très important à travailler. Et c’est aussi une manière de redonner de la substance à la notion de leadership qui a été un peu trop galvaudé.

De façon plus générale la littérature consacrée rappelle à l’envie qu’il est décisif d’être une entreprise où il fait bon travailler. Or dans toutes les enquêtes sur le sujet en France, on constate que ce sont les entreprises américaines qui sont plébiscitées (ou plus exactement leurs filiales françaises). Français, encore un effort !

Et vous qu’en pensez vous ?

vendredi 1 janvier 2010

Toutes les prévisions pour 2010








Le Blog Pragmatic Capitalist a rassemblé toutes les prévisions qui viennent d'être faites pour 2010 par les analystes des banques d'investissement , de hedges funds , d' asset managers ainsi que les gourous!



Pratique et édifiant. En lien :


Marchés d'actions : si l'année 2009 fut bonne , la décennie a été assez catastrophiques après , il faut le dire, 2 décades prodigieuses

C'est ce que met bien en exergue ce graphique tiré du blog Big Picture (voir aussi en lien) à propos du Dow Jones et de son évolution sur longue période.



En lien le post de Big Picture:
http://www.ritholtz.com/blog/2009/12/year-end-market-review/

jeudi 31 décembre 2009

Meilleurs voeux pour cette nouvelle année 2010 et cette nouvelle décennie !



La perception du risque-pays par le marché des Credit Default Swaps (CDS)







Le marché des CDS sur risques souverains développés donne une indication de la perception du risque-Pays, qui est devenu une des préoccupations des marchés avec l'endettement des Etats.

Le graphique, tiré de l'excellente revue de fin d'année des analystes crédit de la Société Générale, donne les prix des CDS à 5 ans, relevés en Décembre.

On y voit que les prix des CDS de Allemagne (GER) et de la France (FR) sont parmi les plus faibles , devançant même les Etats Unis (USD), et n'inspirent pas d'inquiétudes.La Suisse (CHF) arrive aussi après.

Le graphique met en exergue également les disparités au sein de l'Union Européenne puisque les risques britanniques (UK ) et, au sein de la zone euro, espagnols (SP) et Italiens(IT) sont sensiblement plus chers à assurer, sans parler bien entendu du risque grec (GRE).

Ce sera certainement un thème important des marchés pour 2010.

mercredi 30 décembre 2009

Le reverse break up fee et la partie II de Deal Professor







Nous revenons sur notre dernier post et le "reverse break up fee" .

A l'origine le "break up fee" était le dedit payé par la cible quand elle voulait se délier d'un accord avec un acquéreur , généralement pour convoler avec un autre acquéreur "mieux disant".Son montant était de l'ordre de 2 à 3 % de la valeur de la cible. Cette pénalité se voulait (légèrement) dissuasive et servait à payer les frais de l'acquéreur éconduit.
Le "reverse break up fee"est, quant à lui, payé par l'acquéreur s'il veut se dégager,faute de pouvoir mobiliser les financements pour son acquisition des lors qu'il s'est réservé cette faculté ("subject to"),ce qui est nécessaire par les temps qui courent .Le taux de pénalité a été substantiellement relevé pour le rendre vraiment dissuasif : 6 à 7 % de la valeur de la cible. Autres temps, autre "break up fee clause"!

Nous mettons en lien justement la partie II de la revue des deals stratégiques de l'année par Deal Professor que vient depublier Dealbook:

mardi 29 décembre 2009

Reflexions sur quelques caractéristiques de l'activité M&A et Private Equity en 2009


Dans Dealbook on lira avec intérêt la revue du "Deal Professor" sur quelques caractéristiques de l'activité M&A et Private Equity en 2009, en particulier ses considérations "cross-border" sur les opérations hostiles à propos de Kraft-Cadbury et ses commentaires sur les reverse break up fee utilisées, avec des taux plus élevés, pour ,dans le contexte actuel, protéger la cible contre le risque de voir son acquéreur "s'en aller", faute de pouvoir mobiliser les financements nécessaires.

En lien ,la revue faite par dealbook:

dimanche 27 décembre 2009

samedi 26 décembre 2009

Quelques reflexions au delà de la crise d'Olivier Blanchard , le chef économiste du FMI







La fin d'année invite à prendre un peu de recul . On lira donc avec intérêt les réflexions d'Olivier Blanchard qui concluaient un séminaire de deux jours d'échanges avec des chercheurs en Finance à la fin novembre. Ce qui est intéressant aussi de noter, au passage, c'est l'existence d'un blog de débat du FMI sur lequel Olivier Blanchard a posté ses conclusions avec des liens avec les papiers concernés. Le blog se nomme iMFdirect.Il serait intéressant que d'autres Institutions financières fasse de même.


En lien , "thinking beyond the crisis":

vendredi 25 décembre 2009

Qui est ce ? L'avez vous reconnu ?










C'est l'homme de l'année pour le magazine américain Time, Ben Bernanke . Georges Ugeux dans le blog "Démystifier la Finance" fait valoir qu'il n'aurait jamais donné ce titre à des financiers qui n'ont pas vu venir les icebergs, ce qui est vrai . Le Monde, de son coté, a donné ce titre à Lula alors que le FT, pour sa part, couronne L Blankfein, le CEO de Goldman Sachs.

Ben Bernanke ,pour en revenir à lui , et à qui Time consacre un reportage d'où l'on a tiré cette photo ( reportage en lien), a été porté aux nues, puis critiqué, et quelque peu malmené dans ses auditions récentes au Congrès pour sa réélection. Il n'en demeure pas moi qu'il a fermement tenu la barre, comme son collègue Jean-Claude Trichet pour sauver le système après la faillite de Lehman Brothers . Il est vrai que c'était en 2008. Alors plutôt l'homme de l'année 2008?
En lien le reportage de Time: